Se montrer… mais tous un peu pareil ?

Dans la vraie vie : une personne qui distribue des cadeaux une fois par an (le Père Noël).
Sur LinkedIn : un “expert en logistique globale et en gestion de crise”.

La formule fait sourire.

Mais elle dit quelque chose de très juste.

Aujourd’hui, nous montrons beaucoup.
Nos idées, nos journées, nos réussites, parfois même nos difficultés.

Et pourtant, en regardant de plus près,
tout cela se ressemble souvent.

Même ton.
Même façon de raconter.
Même manière de transformer une situation banale en histoire “présentable”.

Ce n’est pas forcément volontaire.

On ne se dit pas :
“je vais faire comme tout le monde”.

Mais peu à peu,
on apprend ce qui se fait.
Ce qui fonctionne.
Ce qui est bien perçu.

Alors on ajuste.

On reformule.
On lisse.
On choisit ses mots.
On met en valeur certains aspects.

On ne ment pas forcément.

Mais on se met en scène.

Et cette mise en scène obéit souvent à des codes très précis.

Sur LinkedIn, on devient inspirant.
Sur Instagram, esthétique.
Ailleurs, spontané… mais juste ce qu’il faut.

Le regard des autres n’est jamais très loin.

Même lorsqu’on pense s’exprimer librement.

Ce n’est pas un problème en soi.

Se montrer, c’est aussi chercher à être compris,
à être reconnu,
à être accueilli.

Mais à force de s’ajuster,
une question peut apparaître.

Que reste-t-il de ce qui déborde ?
De ce qui ne rentre pas dans les codes ?
De ce qui n’est pas immédiatement valorisable ?

Peut-être que se montrer,
ce n’est pas seulement choisir ce que l’on donne à voir.

C’est aussi accepter
qu’une part ne soit pas parfaitement présentable.

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